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Mission flash : trois mois pour accélérer la décarbonation du transport routier

Une mission flash pour éclairer la décarbonation du transport routier

Le gouvernement a confié à deux députés, Jean-Marie Fiévet et Gérard Leseul, une mission flash de trois mois. Elle vise à formuler des propositions concrètes pour accélérer la décarbonation du transport routier de marchandises. Les travaux doivent s’étendre de février à fin avril 2026 et alimenter le futur projet de loi-cadre sur les mobilités et le transport.

Pour en savoir plus sur notre engagement en faveur de la transition écologique, consultez notre page RSE.

M. Gérard Leseul - Seine-Maritime (5e circonscription)
Jean-Marie Fiévet
M. Jean-Marie Fiévet - Deux-Sèvres (3e circonscription)

Cette initiative intervient alors que le transport routier, notamment le secteur des poids lourds, est au cœur des objectifs climatiques européens. En effet, la législation européenne fixe une réduction de 45 % des émissions de CO₂ des nouveaux poids lourds d’ici 2030, 65 % d’ici 2035 et 90 % d’ici 2040.

Un périmètre centré sur les réalités du transport lourd

La mission doit s’appuyer sur les précédents travaux parlementaires consacrés au verdissement des flottes. Toutefois, cette fois, l’accent est mis sur le transport lourd, dont les contraintes techniques et économiques restent spécifiques. L’enjeu est de dépasser les annonces de principe pour identifier des solutions réellement applicables à court et moyen terme.

Pour ce faire, les rapporteurs auditionneront transporteurs, chargeurs, constructeurs, énergéticiens, gestionnaires d’infrastructures et collectivités. Ainsi, ils confronteront les orientations politiques aux réalités opérationnelles du terrain.

Technologies, infrastructures et carburants alternatifs au cœur des échanges

Les travaux porteront sur les trajectoires technologiques pour les poids lourds. D’abord, l’électrification (batterie ou hydrogène) sera évaluée selon l’autonomie des véhicules, leur disponibilité et les coûts. Ensuite, la capacité des sites logistiques à s’adapter sera examinée.

Les carburants alternatifs constituent un autre axe majeur de la mission. Par exemple, les carburants renouvelables et bas carbone peuvent réduire immédiatement les émissions sur certaines flottes. Cependant, leur disponibilité et leur bilan réel restent à vérifier. En parallèle, des investissements européens soutiennent le déploiement des infrastructures de recharge électrique et d’hydrogène.

Enfin, la mission doit tenir compte du règlement européen AFIR, qui impose des objectifs contraignants pour les infrastructures de recharge sur les principaux axes européens. 

Des freins économiques encore déterminants

Au-delà des choix technologiques, la mission devra évaluer les freins structurels. Il s’agit des surcoûts d’investissement, des incertitudes réglementaires, de l’accès aux aides publiques et de contraintes d’exploitation. De plus, la répartition des efforts entre transporteurs et chargeurs sera analysée.

Dans un contexte de marges tendues, la capacité des entreprises à absorber ces coûts reste cruciale. Les rapporteurs devront proposer des mécanismes d’accompagnement. Cela permettra de protéger la compétitivité du secteur, tout en respectant les objectifs de décarbonation.

Vers des recommandations opérationnelles

Les conclusions de la mission doivent fournir des recommandations concrètes et réalistes.

Celles-ci viseront à réduire les émissions tout en maintenant la continuité des chaînes logistiques et la compétitivité des entreprises.

Pour la profession, cette mission représente une étape clé dans un calendrier de transition. Cependant, sa réussite dépendra de la cohérence entre objectifs politiques, maturité technologique, infrastructures adaptées et réalité économique.