Hausse Carburant

Hausse du carburant : quels impacts pour le TRM ?

Hausse du carburant : quels impacts pour le TRM ?

Contexte : une flambée qui fragilise le secteur

Depuis plusieurs semaines, la crise au Moyen-Orient entraîne une forte hausse du prix du gazole, pesant lourdement sur les entreprises du Transport Routier de Marchandises (TRM). Pour rappel, le carburant peut représenter jusqu’à un tiers des coûts d’exploitation d’un transporteur — un poids considérable pour des structures aux marges déjà très serrées, en particulier les TPE et PME qui constituent l’essentiel du tissu du secteur (45 000 entreprises en France).
Face à l’impossibilité de répercuter immédiatement ces hausses sur leurs factures, les professionnels ont rapidement alerté les pouvoirs publics.

La réponse du gouvernement : des premières mesures jugées insuffisantes

Après plusieurs semaines de concertation, et sous la pression des organisations professionnelles (FNTROTREUnion TLF), le gouvernement a annoncé le 23 mars 2026 un premier train de mesures destinées à soulager la trésorerie des entreprises :

 ✅ Report des cotisations sociales sans pénalités (sur demande auprès de l’URSSAF)
✅ Étalement des échéances fiscales via les services des finances publiques
✅ Prêts exceptionnels de court terme accordés par 
Bpifrance

Le ministre des Transports Philippe Tabarot a également appelé l’ensemble de la filière — donneurs d’ordre et distributeurs inclus — à jouer la carte de la solidarité, notamment en réduisant les délais de paiement. 

Mais dès le lendemain, le 24 mars, la profession haussait le ton.

Si l’Union TLF a accueilli ces annonces avec une prudente bienveillance :

« Nous saluons ces premières mesures (…) nous allons travailler avec l’État pour que cela se traduise concrètement et rapidement. » — Jean-Thomas Schmitt, Président de l’Union TLF

…la FNTR, elle, a exprimé son exaspération et sa colère, considérant ces mesures comme dérisoires face à l’urgence de la situation.

La fédération pointe notamment que :

  • Le report de cotisations sociales et l’étalement fiscal existaient déjà et pouvaient être demandés individuellement par les entreprises — il ne s’agit donc pas de mesures nouvelles ;
  • L’accès facilité aux prêts Bpifrance ne répond pas à la réalité d’entreprises déjà fortement endettées ;
  • Après plus de trois semaines de crise, l’envolée du carburant, mais aussi des autres coûts de revient, rend la situation tout simplement insoutenable.

Ce que la profession réclame : des mesures à la hauteur

Face à ce qu’elle juge être une réponse insuffisante de l’État, la FNTR formule trois demandes concrètes et urgentes :

  1. 📉 Une augmentation de la ristourne TICPE pour la durée de la crise
  2. 🏦 Une consigne donnée aux banques de suspendre les échéances de prêts et de crédit-bail
  3. 🚛 Une aide directe par véhicule, ciblée et immédiate

Par ailleurs, la FNTR rappelle l’obligation légale d’appliquer les clauses d’indexation carburant aux contrats en cours. Elle annonce qu’elle saisira, à la demande de ses adhérents, la DGCCRF et le médiateur des entreprises en cas de non-respect de ces engagements contractuels ou des délais de paiement légaux de 30 jours.

« Les mesures annoncées ne suffisent pas. La profession demande des réponses d’urgence, à la hauteur de la crise. La FNTR reste pleinement mobilisée pour défendre la pérennité et la compétitivité des entreprises françaises dans un contexte européen extrêmement tendu. » — Florence Dupasquier, présidente de la FNTR

⚠️ Les syndicats FNTR consultent actuellement leurs adhérents sur de possibles actions revendicatives.

L'Europe agit, la France accusée de rester en retrait

La FNTR pointe également un décalage préoccupant avec nos voisins européens : plusieurs pays ont déjà adopté des mesures directes et ciblées pour soutenir leurs transporteurs. En France, les réponses tardives du gouvernement aggraveraient la perte de compétitivité des opérateurs français et accentueraient une concurrence étrangère déjà déloyale.

Une avancée notable : le CNR publie ses indices deux fois par mois

Parmi les évolutions positives, une mesure concrète mérite d’être soulignée : depuis le 18 mars 2026, le Comité National Routier (CNR) est passé à une publication bimensuelle de ses indices gazole (contre une fois par mois auparavant).
Objectif : permettre aux transporteurs d’ajuster leur facturation plus rapidement face à la volatilité des prix, et ainsi limiter l’impact sur leur trésorerie.

À titre d’illustration, les premiers indices publiés pour la quinzaine de mars s’établissent à :

  • 237,97 pour les véhicules TRM (+ de 7,5 t)
  • 242,60 pour les véhicules de moins de 7,5 t

Ce dispositif exceptionnel a vocation à durer le temps de la crise.

A suivre

La situation reste extrêmement tendue et évolutive. Sans mesures à la hauteur, des centaines d’entreprises risquent d’être à l’arrêt dans les prochaines semaines, avec des conséquences potentiellement majeures sur l’ensemble de l’économie nationale.

Nous continuons à suivre de près les développements pour vous tenir informés.

📚 Sources et références officielles :

Organisations professionnelles

Données & indices de référence

Institutions publiques

Contrôle & médiation

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